Communiqués de presse
Postes Canada rend hommage à l'âme d'un peuple résolu
Le 2 août 2005
Le 15 août, à l'occasion de la Fête nationale des Acadiens, Postes Canada émettra un timbre commémoratif au tarif du régime intérieur (50 ¢) afin de rappeler l'expulsion des Acadiens français hors de leur patrie. Cet événement, que ces derniers appellent « Le grand dérangement », est l'aboutissement d'hostilités séculaires entre la France et l'Angleterre.
À l'époque coloniale, la déportation de garnisons capturées ou de pionniers n'était pas inhabituelle. Le sort des Acadiens est d'autant plus touchant qu'il s'agissait pour eux d'une entorse cruelle à un protocole établi. En effet, ils ne prenaient pas le chemin de la France ou d'une autre colonie française, ils allaient plutôt être dispersés dans plusieurs colonies britanniques, du Massachusetts à la Georgie.
En 1755, on dénombrait 16 000 Acadiens, y compris les populations de l'île du Cap-Breton et de l'Île-du-Prince-Édouard. La vie était relativement facile, et la France et l'Angleterre ne formaient que deux pays lointains situés de l'autre côté de l'océan. Les Acadiens vivaient dans la paix et le confort, mais en 1755, leur monde allait être bousculé.
L'historien John Mack Faragher affirme que les troupes de la Nouvelle-Angleterre usèrent d'un stratagème audacieux pour expulser les Acadiens francophones de la Nouvelle-Écosse. Des milliers périrent, d'innombrables familles furent divisées, et beaucoup s'enfuirent dans les forêts, s'enlisant dans une vaine guérilla.
En septembre 1755, les 400 hommes et garçons acadiens de Grand-Pré reçurent l'ordre de se rassembler dans l'église, où on leur annonça qu'ils étaient prisonniers et qu'ils allaient être déportés. Leurs terres, leurs maisons et leurs animaux furent confisqués. Ils purent emporter des vêtements, de l'argent et un peu de mobilier. La même méthode fut employée à Chignectou. Memramcook, Peticodiac et d'autres villages avoisinants furent incendiés. L'armée britannique eut toutefois le dernier mot, et un millier d'Acadiens furent déportés de la région.
Près de 6000 Acadiens furent expulsés, et quelque 4000 autres disparurent dans la forêt. De ce nombre, beaucoup gagnèrent plus tard le Québec ou l'Île-du-Prince-Édouard. La déportation ne se fit pas massivement, mais en vagues qui s'étalèrent sur plusieurs années.
Au terme de la guerre de Sept Ans (1756-1763), les Acadiens furent autorisés à rentrer. Ils se rendirent dans leurs anciens villages, où des anglophones s'étaient installés. Ils poursuivirent alors leur route et s'établirent dans les comtés de Yarmouth et de Digby. D'autres Acadiens optèrent pour l'île Madame (île du Cap-Breton), les îles de la Madeleine ou Miquelon, et environ 3500 rentrèrent en France. Enfin, beaucoup se réfugièrent en Louisiane ou au Texas.
C'est Pierre-Yves Pelletier, de Belœil, au Québec, qui a signé la conception de ce timbre d'une portée historique particulière. M. Pelletier a créé à ce jour plus d'une centaine de motifs de timbres. La vignette illustrant la Croix de Victoria, émise le 21 octobre 2004, constitue sa plus récente réalisation. Il décrit l'émission commémorative « 1755-2005 » comme un « timbre sur timbre » reproduisant la vignette Grand-Pré de 1930 avec, à l'arrière-plan, le drapeau du peuple acadien. On y voit en outre la statue d'Évangéline (une héroïne fictive de l'illustre poète américain Henry Wadsworth Longfellow) ainsi que l'Église-souvenir, situées sur le lieu historique national de Grand-Pré.
Le timbre, aux dimensions de 40 mm sur 48 mm, sera en vente dans tous les bureaux de poste en feuillet de 16 à compter du 15 août. La Compagnie canadienne des billets de banque a imprimé 2,5 millions de timbres au moyen d'un procédé lithographique en six couleurs (gomme de type A.P.V.) sur du papier Tullis Russell Coatings. Les vignettes présentent un procédé de marquage général sur les quatre côtés et une dentelure 13+. Le pli Premier Jour officiel portera la mention Grand-Pré, Nouvelle-Écosse.
On peut obtenir plus de renseignements sur les timbres en consultant la section Salle de presse du site Web de Postes Canada, ainsi qu'une photo à haute résolution de la vignette consacrée à la déportation des Acadiens au Centre de photos de la Salle de presse. On pourra se procurer les timbres et les plis Premier Jour officiels dans les bureaux de poste participants, en les commandant en ligne à l'aide des liens sur le site Web de Postes Canada (www.postescanada.ca) ou par la poste auprès du Centre national de philatélie. Du Canada et des États-Unis, composez sans frais le 1 800 565-4362; d'autres pays, le (902) 863-6550.
Pour de plus amples renseignements, communiquez avec :
François Legault, Ottawa (Ontario)
(613) 734-8888
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