Des joueurs de la légendaire Équipe Canada dévoilent un timbre commémorant la Série du siècle de 1972

Cette guerre froide sur la glace a gardé les Canadiens en haleine jusqu’aux toutes dernières secondes du dernier match.

 
Une équipe de hockey et une nation tout entière liés par la même aventure, riche en émotions fortes, passant de la confiance au désespoir pour se terminer par un triomphe phénoménal…

 
La Série du siècle de 1972 opposant le Canada à l’URSS a été un combat de titans et sa finale, un véritable point tournant. Par sa détermination et sa fierté patriotique, Équipe Canada 1972 a écrit une page importante de l’histoire du hockey.

 

 
Aujourd’hui, la Série du siècle a été immortalisée sur un timbre dévoilé à la base des Forces canadiennes à Winnipeg. Ce timbre est le huitième d’un jeu de 10 émis à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération et soulignant certains des moments les plus marquants du Canada depuis son centenaire en 1967

 
Plusieurs joueurs d’Équipe Canada 1972 ont assisté à la cérémonie, dont Pat Stapleton, président du conseil d’Équipe Canada 1972, Bobby Clarke, Yvan Cournoyer, Pete Mahovlich, Frank Mahovlich, Eddie Johnston, Brad Park, Wayne Cashman et Jean Ratelle. Sean Goldsworthy (au nom de son père Bill Goldsworthy) et John Ferguson Jr (au nom de son père John Ferguson) ont également participé à la cérémonie. Ils ont répondu aux questions des membres de la 17e Escadre de l’Aviation royale canadienne.

 

Le but inoubliable de Paul Henderson

La Série du siècle a atteint son point culminant avec la scène illustrée sur le timbre : Paul Henderson, les bras dans les airs, après avoir marqué le but gagnant de la série à 34 secondes de la fin du huitième match. Quarante-cinq ans plus tard, Yvan Cournoyer sourit juste à en parler.

 
« Après son but, il est tombé dans mes bras et j’ai dit “On a réussi! On a réussi à compter!” »

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Avant la série, les médias et les partisans canadiens avaient prédit huit victoires écrasantes en huit parties pour les joueurs vedettes de la Ligue nationale de hockey. Après tout, les Soviétiques avaient peut‑être été champions olympiques et champions du monde neuf fois au cours des dix années précédentes, ils restaient tout de même des amateurs qui avaient seulement battu d’autres amateurs.

 
Au Canada, ils étaient de parfaits inconnus. Ils n’avaient aucune chance.

 

Une défaite qui surprend

À la première partie, les joueurs d’Équipe Canada se sont vite rendu compte que leurs adversaires étaient rapides, coriaces, mais surtout en meilleure forme qu’eux et tout aussi habiles. Le jeu des Soviétiques était impressionnant. Ils gardaient patiemment le contrôle de la rondelle, tournant en rond au centre de la patinoire. Leurs passes étaient aussi fluides que les mouvements d’une ballerine. Ils n’ont peut-être pas effectué beaucoup de lancers, mais chacun de leurs tirs a compté.

 
Équipe Canada a encaissé une dure défaite de 7 à 3, une douche froide qui l’a forcée à mettre son arrogance de côté. « On a réalisé que nos adversaires étaient de taille », se souvient le gardien de but Tony Esposito. L’angoisse était palpable au pays. Comment la meilleure équipe de hockey jamais formée au Canada pouvait-elle perdre la série? Comment notre moment de gloire pouvait-il devenir le leur?

 
Lors de la deuxième partie à Toronto, Équipe Canada a montré qu’elle était loin d’abandonner en gagnant 4 à 1. Puis, la troisième rencontre à Winnipeg s’est soldée par une partie nulle de 4 à 4. Lors du quatrième match à Vancouver, les Canadiens, épuisés, ont enchaîné les pénalités pour finalement perdre 5 à 3. En quittant la glace, les joueurs abattus ont dû traverser les huées des partisans.

 

Phil Esposito ravive la flamme au pays

Ce manque de respect a vite contrarié Phil Esposito. Ruisselant de sueur et à bout de souffle, il a pris la parole devant les caméras à la fin du match. « On est tous découragés, désillusionnés, déçus. On n’arrive pas à croire à cette mauvaise presse, à croire qu’on se fait huer dans notre propre pays, a martelé Phil Esposito devant les caméras après la partie. On a tous décidé de jouer…  »

 
« On l’a fait parce qu’on aime notre pays. »

 
Aujourd’hui, Phil Esposito aime bien plaisanter sur le fait que son allocution émotive soit passée à l’histoire. « Les Britanniques ont eu Winston Churchill, les Américains ont eu Abraham Lincoln et son discours de Gettysburg, et le Canada a eu… moi! Un joueur de hockey! » Quoi qu’il en soit, il a su raviver la flamme au pays. Des centaines de partisans ont accueilli l’équipe à l’aéroport à son retour à Toronto. Quelque 3 000 Canadiens se sont rendu jusqu’à Moscou, qui n’était pas une destination touristique très prisée à l’époque, pour montrer leur soutien.

 
Le pays était de nouveau derrière Équipe Canada. Les joueurs se sont reposés et entraînés en Suède pendant une semaine, puis c’est une équipe unie et bien préparée qui est arrivée à Moscou pour les quatre dernières parties.

 
Elle devait en remporter trois.

 

Les nerfs des joueurs et des partisans mis à rude épreuve à Moscou

La surveillance intensive et les événements suspects donnaient à la vie à l’extérieur de la glace un air de film d’espionnage. Les steaks et la bière d’Équipe Canada disparaissaient mystérieusement. Certains joueurs trouvaient même des micros sous leur lit. Des policiers en uniforme encerclaient les partisans canadiens en délire à l’aréna. Il n’y avait pas de doute : on tentait délibérément de déconcentrer les joueurs d’Équipe Canada.

 
Mais rien n’a eu raison d’eux.

 
Le Canada a perdu le premier match 5 à 4 à Moscou, mais a remporté les sixième et septième parties, qui se sont toutes deux conclues par un but gagnant de Paul Henderson.

 

Un match ultime qui tient tout une nation en haleine

Le huitième match était déterminant. Tous les Canadiens se sont arrêtés pour le regarder. Le match a attiré le plus grand nombre de téléspectateurs jamais enregistré au pays à l’époque. Les adultes s’étaient rassemblés sur leur lieu de travail et les enfants dans les gymnases des écoles. D’autres étaient simplement restés à la maison.

 
« Tout le monde a regardé le match, se souvient Serge Savard, un costaud défenseur d’Équipe Canada. Tout le monde se souvient où il était à ce moment-là. »

 
Les deux équipes ont marqué quelques buts chacune, mais le Canada tirait de l’arrière par deux points à 20 minutes de la fin. Si elle n’arrivait pas à faire mieux qu’un match nul, Équipe Canada allait perdre la série.

 
« On devait marquer trois buts durant la troisième période, raconte Rod Gilbert. Et c’est ce qu’on a fait. C’est ce qu’on appelle avoir de la volonté. »

 
Pour la troisième fois de la série, le héros était l’ailier qui n’avait jamais imaginé faire partie de cette équipe de joueurs étoiles : Paul Henderson. Son but, qui venait de mener le Canada à la victoire, a déclenché des célébrations d’un océan à l’autre, un peu comme les premiers pas sur la lune de Neil Armstrong ou l’annonce de la fin de la guerre en Europe. Une nation tout entière célébrait ce triomphe.

 
La Série du siècle de 1972 reste à ce jour le plus grand moment de l’histoire du hockey pour notre pays et les hommes qui se sont frayé un chemin vers la gloire un coup de patin à la fois.

 
« J’y repense tous les jours, avoue Rod Gilbert. Ça fait partie de moi. »

 

Voici les autres timbres dévoilés jusqu’à présent dans le cadre de notre programme Canada 150 :

 
Expo 67
La Constitution
Canadarm
Le mariage égal
La route transcanadienne
Le Marathon de l’espoir
Nunavut
L’esprit paralympique et olympique

 

 

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