Cinq histoires frissonnantes de fantômes canadiens!

Publié le 04 sept. 2015 par dans Le courrier et plus encore

 

Êtes-vous prêt à un brin de vérité ou à avoir un peu peur? Le Canada est un pays riche en histoires de fantômes, dont certaines donnent la chair de poule. Découvrez 5 récits fascinants et terrifiants : « Les fantômes de Gastown » (Colombie-Britannique), « La charrette à bœufs de la Rivière Rouge » (Manitoba), « Marie-Josephte Corriveau » (Québec), « Hôtel Caribou » (Yukon) et « La Dame grise de la Citadelle » (Nouvelle-Écosse).

Les fantômes de Gastown – Vancouver (Colombie-Britannique)

Selon les médiums, Le quartier Gastown de Vancouver se classe en tête du sinistre palmarès des lieux les plus hantés du Canada.

En 1867, John Deighton débarque à Burrard Inlet avec son épouse autochtone, elle-même accompagnée de sa mère et de son cousin. Également flanqué d’un chien jaune, l’ancien capitaine de navigation fluviale apporte avec lui deux chaises ainsi qu’un tonneau de whisky. Cette région britanno-colombienne compte d’innombrables scieries, mais le bar le plus proche se trouve à New Westminster, à 20 kilomètres de là. John flaire la bonne affaire! Il recrute quelques travailleurs assoiffés pour construire quatre murs, installer un comptoir… En 24 heures, son Globe Saloon ouvre ses portes. L’ancien capitaine n’a pas sa langue dans sa poche. Les gens du coin et les marins en goguette le surnomment « Gassy Jack », Jack le bavard. Il léguera son sobriquet à la ville : Gastown est née!

Devenue un coupe-gorge tapageur et clinquant, la ville finit par accueillir plus de 300 bars. Aujourd’hui élevées au statut de « lieu historique national », ses rues accueillent les gourmets du monde entier. Elles constituent aussi le théâtre d’un nombre effarant de phénomènes paranormaux et d’histoires à glacer le sang.

À la gare Waterfront, de nombreux gardiens de sécurité jurent avoir vu des passagers fantômes, des revenants qui dansent ainsi qu’un chef de train décapité par une locomotive, alors qu’il procédait à des réparations dans la gare de triage. Depuis sa funeste mésaventure, en 1928, le malheureux chercherait sa tête le long des rails, une lanterne à la main.

Bien d’autres esprits hantent Gastown. Au Lamplighter Pub, des verres tomberaient d’eux-mêmes. À l’étage d’une boutique de vêtements pour hommes, des portes claqueraient sans raison apparente et des objets voleraient à travers la pièce. Une femme vêtue de blanc aurait été aperçue à la fenêtre du Landing, rue Water. Un escalier du très vénérable Dominion Building résonnerait des soupirs mélancoliques du fantôme de l’architecte J. S. Hellyer. Le malheureux se serait fracassé le crâne en déboulant les marches le jour de l’inauguration : n’avait-il pas tenté le mauvais sort en concevant un immeuble de 13 étages? (Les chroniques du temps signalent qu’il est mort dans sa résidence de Vancouver neuf ans plus tard… Qu’importe! N’est-il pas plus grisant de trembler d’effroi?)

Érigé au milieu du 19e siècle, l’édifice Gaolers Mews abritait autrefois la toute première prison de Vancouver. Plus de 40 exécutions publiques ont endeuillé les pavés de sa cour adjacente. Un restaurant occupe aujourd’hui ce local chargé d’histoire. Son nom? L’abattoir... Il abriterait l’esprit d’une femme vêtue de sombre qui longe inlassablement la ruelle où se dressait l’échafaud. Le personnel du pub qui logeait naguère à cette adresse disait aussi apercevoir régulièrement la silhouette spectrale d’un homme en noir.

La charrette à bœufs de la rivière Rouge (Manitoba)

Le 29 août 1903, le Morning Telegram clame en manchette : « Spectres au fort! Les sentinelles de nuit aperçoivent des fantômes! » Les soldats de Lower Fort Garry ont été « pris de panique », ajoute le journal. « Il est possible que les premiers occupants de la vallée de la rivière Rouge manifestent ainsi leur mécontentement devant l’intrusion de la Police à cheval du Nord-Ouest sur des terres sacrées pour leurs ancêtres. »

Un vaste réseau de pistes reliait autrefois l’Amérique du Nord britannique à la région du haut Mississippi. Ces routes commerciales partaient de la région de l’actuelle ville de Winnipeg, au Manitoba, traversaient la frontière avec les États-Unis, parcouraient l’est du Dakota du Nord ainsi que l’ouest et le centre du Minnesota pour se rendre jusqu’à Mendota et St. Paul, sur les rives du Mississippi.

Utilisées dès les années 1820, ces pistes deviennent particulièrement fréquentées à partir des années 1840. Les charrettes à bœufs représentent alors le moyen de transport le plus efficace pour les colons de la rivière Rouge qui commercent avec l’extérieur. Grâce à ces chemins, elles peuvent se rendre jusqu’au Mississippi. Le rail les supplantera néanmoins au début des années 1870.

À l’été 1903, un soldat monte la garde devant Lower Fort Garry. Seul. Peu après minuit, il aperçoit du mouvement. Rien d’alarmant : une charrette à bœufs conduite par un couple de Métis passe devant lui… puis repasse. De minuit à deux heures du matin, elle va et vient ainsi à plusieurs reprises. Soupçonnant quelque affaire louche, le soldat lui ordonne de s’arrêter.

À cet instant précis, l’homme, la femme, les bœufs et même la carriole s’évanouissent en fumée!

Saisi, le soldat finit toutefois par mettre sa mésaventure sur le compte d’une indigestion : c’est le cuisinier du régiment qui aura causé cette hallucination! La sentinelle reprend son tour de garde.

Cependant, la même charrette revient peu après, puis disparaît quand le soldat lui crie de cesser son manège. Cette fois, il jette sa carabine par terre et court se réfugier dans le fort sans demander son reste.

Quand le pauvre homme leur raconte ce qu’il a vu, les autres soldats rient aux larmes. Ils ne riront pas longtemps. La nuit suivante, une autre sentinelle aperçoit la charrette fantôme.

Les hommes du fort élaborent une stratégie pour capturer les esprits, à tout le moins apaiser leur colère et les convaincre d’arrêter leur sinistre défilé nocturne. Rien n’y fait : toutes les nuits ou presque, la charrette revient, terrifiant les sentinelles de Lower Fort Garry.

Nul ne sait combien d’hommes et de femmes ont péri sur ces pistes désertes ou dans les batailles qui ont ensanglanté la vallée de la rivière Rouge. Mais on dit que les morts quittent parfois leur tombeau pour parcourir leurs anciennes routes et se venger de ceux qui leur ont ôté la vie.

Marie-Josephte Corriveau – Lévis (Québec)

« La Corriveau »… Tel est le surnom d’infamie dont on affublait autrefois Marie-Josephte Corriveau (ou Corrivaux), exécutée pour meurtre à la fin du 18e siècle. Née en 1733 dans une ferme de Saint-Vallier, près de Québec, elle est la fille de Marie-Françoise Bolduc et de Joseph Corriveau. Elle épouse en 1749 Charles Bouchard, un cultivateur dont elle aura trois enfants; il sera porté en terre le 27 avril 1760. L’année suivante, la jeune veuve convole en justes noces avec un autre fermier, Louis-Étienne Dodier.

La mort de son premier mari avait déjà éveillé les soupçons. Quand, trois ans plus tard, son deuxième époux est retrouvé inerte dans leur grange, le crâne fracassé,  Marie-Josephte est à l’origine la première suspecte. Mais un tribunal militaire composé de douze officiers anglais condamne à mort son père pour le meurtre de son beau-fils et impose à Marie-Josephte une peine de fouet et de fer rouge pour complicité.

Peu après, Joseph Corriveau avoue à son confesseur que sa fille est l’unique responsable de la mort de l’époux. Pendant le deuxième procès engagé pour élucider le meurtre, Marie-Josephte reconnaît avoir tué son mari pendant son sommeil à coups de hache parce qu’il la maltraitait. Le tribunal la condamne à la peine réservée aux crimes les plus odieux : elle sera pendue, puis son cadavre exhibé à la vue du public dans une cage de métal.

Marie-Josephte Corriveau est mise à mort le 18 avril 1763 sur les Buttes-à-Nepveu, près des plaines d’Abraham. Engoncé dans son corset de fer, son corps restera exposé à Pointe-Lévy (Lauzon) pendant plus d’un mois, puis sera retiré sur ordre du gouverneur… peut-être parce que les habitants du quartier commençaient à se plaindre de l’odeur.

Mais la population de Pointe-Lévy avait bien d’autres motifs de mettre un terme à cet effroyable « spectacle » : le corps en putréfaction de Marie-Josephte Corriveau donnait des cauchemars aux enfants; les commerçants voyaient aussi leur clientèle s’étioler parce que les visiteurs, pour éviter cette vision d’horreur en bord de route, préféraient maintenant le bateau pour se rendre à Québec.

Les imaginations fertiles racontent que le corps de Marie-Josephte Corriveau, animé d’une âme mauvaise, fixait les passants de ses yeux rouge sang depuis le fond de sa cage et tentait de les agripper de ses mains crochues. Après l’enlèvement du macabre corset, le corps en décomposition aurait continué d’errer la nuit sur les routes environnantes pour s’en prendre aux voyageurs imprudents.

Les détails atroces du meurtre et de l’exécution ont néanmoins continué d’alimenter la légende. Aujourd’hui encore, certains affirment que le fantôme de Marie-Josephte Corriveau hante les routes et les bois des environs de Lévis. Avec le temps, de nombreux détails horrifiants ont enjolivé les faits historiques. Dans certaines versions, la jeune femme aurait même assassiné sept époux!

Cette histoire connaît des rebondissements sans fin. En 2011, on découvre dans l’entrepôt du musée Pearbody Essex de Salem au Massachusetts la cage qui aurait contenu le cadavre de Marie-Josephte Corriveau.  Cet objet, offert au musée par un collectionneur anonyme, pourrait être rapatrié par un musée canadien s’il s’avérait authentique. 

Hôtel Caribou – Carcross (Territoires du Nord-Ouest)

L’emplacement de la ville actuelle de Carcross, au Yukon, s’appelait autrefois Caribou Crossing, la « traverse des caribous ». À l’époque, d’immenses hardes empruntaient deux fois l’an, soit lors de leurs migrations, cette étroite bande de terre qui sépare les lacs Bennett et Tagish.

En 1896, des paillettes d’or étincellent au Klondike. À travers le col du Chilkoot, les prospecteurs affluent pour tenter leur chance. Caribou Crossing devient alors une halte privilégiée pour les intrépides qui se dirigent vers Dawson City, à 600 km au nord, ou qui en reviennent. Avec son bureau de la Poste royale et sa ligne de la Dominion Telegraph Co., la ville s’impose aussi comme un centre névralgique des communications dans la région.

L’hôtel Yukon est construit à Bennett en 1898, au tout début de la ruée vers l’or. Son propriétaire de l’époque, W. A. Anderson le fait ensuite transporter par flottage jusqu’à Carcross, à l’autre bout du lac. En 1901, le jour de Noël, il ouvre ses portes sous un nouveau nom : hôtel Anderson.

En janvier 1903, l’établissement passe aux mains d’un dénommé « Dawson Charlie » pour une somme que la rumeur fixe à 9000 $. Une fois de plus, il change de nom et devient l’hôtel Caribou. À la mort de Charlie, le 26 janvier 1908, Edwin et Bessie Gideon louent le bâtiment à sa succession. Un incendie le détruit peu après. Un autre hôtel naît de ses cendres en 1910.

Bessie meurt le 27 octobre 1933. Les documents historiques indiquent qu’elle serait enterrée dans le cimetière de Carcross. En 1998, un relevé exhaustif des lieux n’a pourtant pas permis de retrouver sa sépulture. Depuis sa mort, son fantôme hanterait l’hôtel. Ni amicale ni hostile, Bessie serait plutôt réservée. Entre craquements inexplicables et bourrasques soudaines, elle aurait été aperçue regardant par les fenêtres ou frappant aux portes ou contre les planchers de bois, plus particulièrement au deuxième étage.

Au fil des ans, d’innombrables personnalités ont séjourné à l’hôtel Caribou. Plusieurs d’entre elles sont d’ailleurs enterrées à Carcross. L’évêque Bompas était un infatigable missionnaire anglican. Guide et porteur de la Première nation des Tagishs, « Skookum Jim » Mason serait l’un des prospecteurs qui ont découvert les paillettes de l’espoir dans la rivière Bonanza Creek… et déclenché ainsi la ruée vers l’or. Sa sœur, Kate Carmack, reposerait également pour l’éternité à Carcross. Enfin, le perroquet Polly a vécu à l’hôtel de 1918 jusqu’à son trépas, en 1972. Il chantait de l’opéra et scandalisait les clients par son langage cru. Sa sépulture s’orne de l’une des plus belles plaques de bronze du cimetière de la ville.

La Dame grise de la Citadelle – Halifax (Nouvelle-Écosse)

Quatrième bastion de l’enfilade de forts qui protège le port d’Halifax depuis 1749, la Citadelle est aujourd’hui un lieu historique national. Elle a été achevée en 1856.

Un puits hanté maintenant obturé par des planches contenait autrefois des restes humains. Non loin de là, un hangar habité par les esprits a finalement été détruit. La Dame grise qui déambule en pleurant son amour perdu s’impose toutefois comme le spectre le plus célèbre des lieux. La nuit, disent les gardiens de sécurité, elle erre à l’étage, vêtue d’une robe du 19e siècle et nimbée d’un parfum de rose.

Le jour de ses noces, la Dame grise est allée attendre son fiancé le soir à l’église de la Sainte-Trinité. Mais à la Citadelle, l’homme s’était tué d’un coup d’arme à feu pour se libérer du remords, car il était déjà marié aux Bermudes! Quand elle apprit la nouvelle, la jeune femme qui espérait devant l’autel aurait sombré dans un chagrin tel que son fantôme hanterait encore les lieux à la recherche de son infidèle bien-aimé.

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